Une usine d'engrais russes à Dieppe

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Une usine d'engrais russes à Dieppe

Messagede virginie le Lun 14 Déc 2009 12:03

L'appel aux Dieppois de Jean Bazin

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Uralchem, « un projet irresponsable » selon Jean Bazin

URALCHEM. Il appelle la population à se prononcer contre le projet.

Uralchem c'est non ! « Ma position est connue et claire depuis le début », clame Jean Bazin (UMP), leader de l'opposition municipale. Il tient à le réaffirmer en lançant « un appel aux Dieppois. »
Cet appel se matérialise sous forme d'un courrier qui vient d'être distribué dans les boîtes aux lettres de ses concitoyens. Jean Bazin leur demande de se manifester sur la tenue d'un référendum à propos de l'installation de cette usine de stockage et de conditionnement d'engrais chimique à Dieppe.
« Lors du conseil municipal du 22 octobre, j'ai demandé, avec mes collègues, l'organisation d'un référendum municipal sur ce projet. Le maire a refusé de soumettre notre proposition au conseil municipal. Avec vous, je demande donc que chacun puisse s'exprimer démocratiquement sur ce projet. Il vous a été caché pendant la campagne des dernières élections municipales. Vous devez donc avoir droit à la parole », peut-on lire sur le courrier de Jean Bazin.
Les Dieppois sont invités à découper un bulletin et à le retourner à la permanence de l'élu de l'opposition, (BP 40094, 76 203 Dieppe cedex).
Jean Bazin n'en démord pas. « Ce sont des produits chimiques qui doivent être traités. C'est complètement irresponsable d'envisager une unité de stockage près des habitations, de la pêche ». Que ce soit pour une « dimension environnementale ou économique, c'est un mauvais projet.

Le marché de l'engrais est en déclin. »
Comme les Verts et le PS - lire en page 7 et notre édition d'hier - Jean Bazin estime qu'il s'agit d'un projet de « sous-développement économique » qui est « complètement dénué de toute vision de développement économique à long terme. » Le principe de vendre le terrain a une entreprise étrangère « est une faute lourde ». Pour Jean Bazin, cette zone foncière est la plus stratégique de Dieppe, à l'entrée de la ville.

Lettre à Alain Le Vern

Le leader de l'opposition a même écrit au président du Syndicat mixte du port de Dieppe, Alain Le Vern, le 18 novembre dernier, « pour attirer son attention et lui demander de prendre ses responsabilités et de faire une offre d'achat » pour le terrain.
« Je n'arrive pas à croire que le maire n'entende pas le mécontentement des Dieppois. Il faut qu'il regarde les choses en face. »
Jean Bazin n'exclut pas de devoir recourir à la voie juridique pour faire capoter le projet de la municipalité.
K. L.

Paris Normandie
Article paru le : 9 décembre 2009





Tous contre Uralchem!

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Il y a une semaine, les élus PS du conseil municipal, documents à l'appui, dénonçaient le projet Uralchem

POLEMIQUE.Pétitions, vote sur le Net, coups d'éclat et suspense: retour sur la saga du projet d'implantation d'une usine d'engrais russes que le maire défend, presque seul.

Quand il a annoncé fièrement le projet d'implantation d'une usine de transformation d'engrais russes sur le port de commerce à Dieppe, il y a un an et demi, le tout jeune maire Sébastien Jumel (PCF) ne se doutait pas que les détracteurs seraient aussi nombreux. Sur fond politique, les clivages politiciens ont volé en éclats. Verts, PS, UMP: ils font front commun contre ce projet. Aménagement futur de l'entrée de ville plombé, engrais plus à la mode, inquiétude sanitaire: détracteurs et arguments sont légion.

A droite
L'opposition a été la première à dégainer. Le jour du vote de la cession du terrain Dieppe fruits à Uralchem, le 27août 2008, André Gautier (UMP) s'insurge: «L'implantation de cette activité chimique sur la zone bloque toutes les autres activités.» Patrick Hoornaert (Nouveau Centre), tempérait: «Peut-on mettre une usine chimique à Dieppe?» Depuis, la droite ne cesse de monter au créneau. Lors du conseil municipal d'octobre, devant le rejet de leur demande d'organiser un référendum, les élus de droite et du centre ont quitté la salle.

Au PS
Après deux mois de vote sur Internet et de pétition, les élus du PS, qui ont voté à l'époque la cession du terrain à Uralchem, disent avoir subi des «pressions». Et Eric Tavernier, adjoint au Développement durable, annonce que «selon les éléments techniques qui nous ont été fournis, l'usine serait classée Seveso». Début octobre, Uralchem est l'élément déclencheur qui convainc Yves Bégos, socialiste historique, à rejoindre le camp des élus communistes au conseil. La bataille continue entre les deux camps.

Chez Les Verts
Etonnamment, au début de la polémique, les Verts ont fait profil bas. En conseil municipal, ils se sont abstenus lors de la cession du terrain. A l'époque, c'était le spectre de l'EPR qui inquiétait les écologistes. En septembre, coup de nerf: «On ne peut pas défendre l'agriculture biologique et accepter des engrais azotés», reconnaît Jacques Boudier, conseiller municipal. Mi-octobre, les Verts sortent du bois et lancent eux aussi une pétition contre le projet. Faisant le rapprochement avec «l'explosion de l'usine AZF à Toulouse (ndlr, en septembre2001), qui fabriquait ce produit», Frédéric Weisz dénonce «la totale opacité dans laquelle le dossier a été instruit en mairie».

A l'Agglo
«Si le site est classé Seveso, il sera bien difficile de vendre notre tourisme auprès d'autres régions» assure Bruno Bienaimé (PS), vice-président au Tourisme. Gill Géryl (sans étiquette), vice-président chargé de l'Economie, regrette que «des communes travaillent sur des projets industriels importants et qu'il est difficile dans ces conditions de trouver un consensus sur des règles fixées ensemble lors de la naissance de Dieppe maritime».
A quelques mètres du projet d'implantation de cette usine, le syndicat mixte du port de Dieppe présidé par Alain Le Vern regarde, lui aussi, d'un œil inquiet, l'évolution de ce dossier.
Anne-sophie Groué


Le sous-préfet un peu agacé
«Si besoin, on fera une réunion»

Olivier de Mazières, sous-préfet de Dieppe, dit ne rien avoir de neuf à ajouter sur le projet Uralchem.
Où en est-on officiellement dans le dossier de l'usine d'engrais russes?
«J'ai déjà répondu à cette question au moins quinze fois. Et je tiens le même discours depuis le début. C'est à l'entreprise qu'il faut demander! Voilà le processus: il existe un projet d'implantation demandée par Uralchem. On doit vérifier le produit avant. La Dreal (direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, un service de l'Etat, NDLR) fait des analyses sur le produit afin de déterminer sa nature. Sur la base des résultats de cette analyse, une décision pourra être prise.
Mon point de vue est réglementaire. Mais c'est bien la Dreal qui détermine la réglementation applicable d'après l'échantillon de produit fourni.»
Pourquoi un tel délai, alors?
«Si cela paraît long, ce n'est pas du fait de l'administration. Les premières analyses ont été faites et d'autres tests complémentaires ont été demandés par l'administration. Il suffit à l'entreprise de les fournir.»
Rassemblerez-vous à nouveau les protagonistes du dossier?
«La dernière réunion date du mois d'août, il n'y en a pas eu depuis. Si besoin est, on refera une réunion.»

Une lettre du maire
Joint hier soir par téléphone, le maire de Dieppe n'a pas souhaité s'exprimer. Il a annoncé qu'il allait adresser une lettre ouverte aux habitants.
Dans son courrier qu'il enverra à la presse lundi, il défendra sa position. Et réaffirmera qu'il suivra «l'avis du préfet» a-t-il souligné hier soir.
Le maire et sa proche équipe doivent faire face à une levée de boucliers alors qu'ils défendent depuis le début le dossier Uralchem comme une chance pour l'emploi et une activité de relance. «Uralchem serait de nature à contribuer à la dynamique du port de commerce, élément identitaire de la ville, mais aussi poumon économique et social de Dieppe» a plusieurs fois insisté le maire.
Enfin, Sébastien Jumel promet que si le projet aboutit, l'usine ne pénalisera pas le développement du futur quartier Dieppe sud, mélange de tertiaire, de bureaux et de logements.

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Article paru le : 12 décembre 2009
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Re: Une usine d'engrais russes à Dieppe

Messagede virginie le Lun 21 Déc 2009 09:31

Uralchem divise toujours

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Les Verts ont fait signer leur pétition contre Uralchem dans le hall de la mairie avant le débat du conseil municipal

POLITIQUE. Les Verts et la droite demandent un référendum sur Uralchem. Le PS est contre le projet.


C'était prévisible : le projet d'implanter à Dieppe une usine de conditionnement des engrais chimiques, Uralchem, a donné lieu à un débat à l'issue du conseil municipal de jeudi soir entre les différents groupes politiques. Contactés hier, les principaux protagonistes réagissent.
Dieppe-A-Venir, le groupe socialiste, a demandé « le retrait pur et simple du projet ».
La droite réclame un référendum. Comme les Verts. « Nous demandons un référendum car il faut donner la parole à tout le monde. Nous sommes favorables au développement d'un éco-quartier avec une école, une crèche et une usine, mais nous ne voulons pas d'Uralchem » réaffirme la conseillère municipale Verte, Jolanta Avril.

Eoliennes off-shore
« Notre position est bien claire et arrêtée » lance Thierry Levasseur, deuxième adjoint et secrétaire de la section locale du PS.
Le parti socialiste « demande le retrait pur et simple du projet. Il n'y a aucune malhonnêteté de notre part de défendre Dieppe, les projets dieppois et la création d'emplois, ajoute-t-il, mais pas à n'importe quel prix » justifie l'élu socialiste.
« On demande de soutenir Alain Le Vern (NDLR président, PS, du syndicat mixte) dans son projet d'éoliennes off-shore même si le maire de Dieppe est contre alors que cela va créer plus d'emplois que le projet qu'Uralchem. En plus c'est en phase avec nos engagements de campagne pour un Dieppe écologiquement exemplaire… »
« Cela permettra que certains chantiers évitent de licencier car cela va leur apporter du trafic portuaire, des embauches. C'est bien d'être contre un projet mais il faut arriver avec des contre-propositions » estime Thierry Levasseur.

« On ne lâchera pas ! »

De son côté Jean Bazin, UMP, se frotte les mains. « Il s'est passé quelque chose. Le maire est en minorité. La majorité est profondément divisée sur le projet », estime le leader de l'opposition qui « propose au maire de sortir par le haut de ce dossier. »
Jean Bazin souhaite que le terrain destiné à accueillir le projet Uralchem soit vendu au syn- dicat mixte « afin qu'il l'aménage pour le développement portuaire. »
Pour André Gautier (UMP), « Sébastien Jumel ne veut pas d'un vote sur un projet qu'il a proposé. Je suis certain, ajoute-t-il, qu'il n'y aura plus de vote sur Uralchem au conseil municipal. Mais on ne lâchera pas ! »
K. L

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Re: Une usine d'engrais russes à Dieppe

Messagede virginie le Ven 1 Jan 2010 21:02

A Dieppe, une association contre Uralchem

Sans aucun lien avec les différents partis politiques, Geneviève Polaert et Françoise Kobylarz, deux enseignantes dieppoises à la retraite, ont créé l'association " Uralchem non merci " afin de mobiliser les citoyens contre l'implantation d'un centre de conditionnement d'engrais russes sur le port. Elle compte déjà plus de quarante adhérennts.

Leur site : uralchem-non-merci.kinssha.org.

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Re: Une usine d'engrais russes à Dieppe

Messagede virginie le Sam 2 Jan 2010 20:50

Citoyens contre Uralchem

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Françoise Kobylarz et Geneviève Polaert

POLEMIQUE.Après le PS, les Verts et la droite, au tour de la société civile de se mobiliser contre les engrais russes.

Des citoyennes, tout simplement. Apolitiques, mais déterminées à agir dans l'intérêt de leur ville et de ses habitants. A la tête de l'association tout juste créée et intitulée Uralchem non merci, Geneviève Polaert (présidente) et Françoise Kobylarz (secrétaire), toutes deux enseignantes retraitées, mènent la fronde contre le projet d'implantation d'une usine d'engrais russe sur l'ancien terrain Dieppe fruits du port. Après les détracteurs socialistes, de droite et verts, voici donc venu le temps de l'opposition 100 % société civile.

Le buzz sur Internet

« A l'origine, j'ai signé la pétition du Parti socialiste. Puis j'ai été invitée à une réunion où je suis allée avec mon mari. Là, devant la mollesse des élus, avec les gens de tous bords et ceux sans étiquette politique, on s'est dit : « Pourquoi ne pas monter une association ? » On a échangé nos adresses e-mails, et on s'est réunis quelques jours après pour élire un bureau », retrace Geveniève Polaert. Une semaine après la création de l'association, les effectifs étaient déjà passés d'une quinzaine à plus de quarante. « Le bouche-à-oreille fonctionne à plein : pour ça, Internet, c'est génial ! » Le collectif peut en effet se targuer de s'être, en un week-end, doté d'un site simple, complet et informatif.

Echantillons

Voilà pour la forme. En ce qui concerne le fond, les arguments développés par les deux anciennes profs de français sont clairs et précis : « Premièrement, pourquoi une usine en plein centre-ville alors que la transformation chimique de ce type n'a encore été réalisée nulle part. La Dreal a des échantillons de laboratoire, pas des échantillons d'usine : comment être sûr que la réaction chimique sera identique à grande échelle ? », s'inquiète la présidente. « Deuxièmement, se pose le problème des transports : il n'y a la quatre voies qu'à partir de Manéhouville, et une seule ligne ferroviaire relie Dieppe à Rouen », continue-t-elle. Enfin, « la consommation d'engrais en France décroît. Doit-on encore empoisonner nos champs ? Cette industrie sera-t-elle pérenne ? Sinon, qui paiera son démantèlement ? Accepter ce projet, c'est fermer ce quartier à d'autres entreprises plus intéressantes. » Les membres de l'association travaillent plutôt à « la possibilité d'installation d'une entreprise propre et d'avenir », notant que l'éolien offshore présente davantage de perspectives en terme de créations d'emploi. « On est conscients des problèmes d'emploi, mais on n'en veut pas à n'importe quel prix. »

Thalassa et Daniel Mermet

Un collectif, un site Internet, une information qui passe. Et maintenant ? « Nous avons plusieurs projets : investir le marché du samedi matin pour distribuer des tracts dès le début du mois de janvier, mettre la pression au conseil municipal en étant présent avec des banderoles, alimenter le site Internet, proposer des alternatives au projet, etc. » Françoise Kobylarz précise : « J'ai déjà contacté Thalassa et des émissions de France Inter comme CO2 mon amour, Rue des entrepreneurs et Là-bas si j'y suis, l'émission de Daniel Mermet qui a passé mon message à l'antenne. » Sachant que l'info doit aussi et surtout passer parmi les Dieppois…
Anne-sophie Groué
infos pratiques

« Uralchem non merci », courriel : uralchem-non-merci@laposte.net et site Internet : uralchem-non-merci.kinssha.org




Le projet Uralchem en bref

Petit rappel à toutes fins utiles. Uralchem est une entreprise d'engrais russes basée à Moscou, deuxième plus gros producteur d'engrais de Russie. Uralchem Normandie est, elle, une entreprise créée voici quelques mois pour favoriser l'implantation de la société en France. C'est d'ailleurs la première société française issue du géant russe. La maison mère prévoit d'édifier, à Dieppe, un centre de conditionnement et de stockage dont les cuves atteindront 2 500 tonnes. Au total, après transformation des engrais solides arrivés par bateau sous forme de granulés, la matière liquide (12 500 tonnes de produit) sera stockée. Chaque année, il est prévu que 300 000 tonnes d'engrais liquide soient acheminées depuis le port de Dieppe.


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Re: Une usine d'engrais russes à Dieppe

Messagede virginie le Jeu 21 Jan 2010 08:35

Les surprises du sondage

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Le sondage commandé par le PCF portait notamment sur l'implantation d'Uralchem

POLITIQUE. Six cent quatre Dieppois ont répondu au sondage commandé par la fédération départementale du PCF. En toile de fond : Uralchem. Les sondés seraient pour.

C'est donc la fédération départementale du parti communiste français (PCF) qui avait commandé à l'institut national Ifop le sondage portant sur le développement économique de la ville de Dieppe - lire notre édition de mardi. En toile de fond, l'implantation de l'usine de traitement d'engrais chimiques Uralchem sur les terrains municipaux situés sur la partie ouest du cours de Dakar.

Le mystère du commanditaire de cette prise de température, entre le 6 et 9 janvier, est désormais levé. Les résultats ont été rendus public mardi soir par les communistes. Les sondés ont été priés de confier pour qui ils avaient voté aux dernières municipales et régionales.
Le sondage qui aurait coûté entre 3 000 et 4 000 € au parti politique peut être interprété de différentes manières et chacun sait que l'on peut faire dire ce que l'on veut aux chiffres. Il donne toutefois un point de vue sur le désir des Dieppois, notamment à propos des priorités sur le développement du port de Dieppe.

« Avec un peu de surprises, 60 % des Dieppois sont favorables au projet Uralchem. A lire les différentes campagnes de presse, je ne m'attendais pas à un résultat aussi favorable » souligne Céline Brulin, secrétaire départemental du PCF.
Le clivage politique gauche-droite est assez net. « Les sondés apparentés à droite (UMP) sont contre Uralchem à 71 %. En revanche, les socialistes (68 %) et les Verts (53 %) à moindre mesure restent favorables à l'implantation de l'entrepôt. » Les communistes (73 %) sont sans surprise derrière le projet municipal.

Sébastien Jumel (PCF), maire de Dieppe qui porte ce projet créateur d'emplois, semble satisfait d'un tel résultat. « Je fais confiance en l'intelligence des Dieppois et je n'oublie pas les 1 200 signatures recueillies pour l'implantation d'Uralchem, qui apporterait de l'emploi et une activité industrielle sur le port de commerce. Cela ne sert à rien de s'agiter et de provoquer une psychose. Ce sondage caractérise l'expression d'une majorité silencieuse. »

Le maire maintient sa position. « J'attends comme tout le monde le rapport de la direction régionale de l'environnement de l'aménagement et du logement. S'il y a un risque de pollution, le projet sera abandonné. »
Début janvier, 604 Dieppois, âgés de 18 ans et plus, ont été interrogés par téléphone par les agents formés à ce type d'exercice. Les autres questions portaient sur les enjeux prioritaires économiques de la ville de Dieppe. L'emploi reste la préoccupation essentielle des Dieppois (74 %). Concernant le port, les sondés souhaitent un développement équilibré des activités (61 %) avec toutefois une orientation prononcée vers le secteur économique et industriel.
L. P.


PS, Verts et UMP sceptiques


- « Si le maire demande un sondage sur la problématique Uralchem, c'est qu'il doit réellement douter de son propre projet », estime Thierry Levasseur, deuxième adjoint au maire de Dieppe et à la tête de la section locale du parti socialiste. « Le maire n'a plus confiance en lui. »
« La question que beaucoup se posent est de savoir quel listing a été envoyé à l'institut de sondage. On se pose des questions quant à la réalité de ce sondage. C'est un pas en arrière, le maire devrait carrément retirer son projet », estime le socialiste.
« Le parti socialiste a rencontré les Dieppois dans les différents quartiers et s'il est vrai que certains ont voté pour le projet, ils étaient minoritaires, » ajoute Thierry Levasseur.
- Même scepticisme chez les Verts. Jolanta Avril, conseillère municipale : « C'est surprenant. En mairie, nous n'avons pas été informés de ce sondage. J'aimerais savoir comment les personnes qui ont été interrogées ont été ciblées. C'est un peu un mystère », estime l'élue du parti écologique.
Jean Bazin, conseiller municipal et chef de file de l'UMP locale se dit « extrêmement surpris comme beaucoup de Dieppois car le maire s'était étonné de l'existence de ce sondage. Ça dénote un profond malaise. Où est la démocratie de proximité promise. On est ici dans la démocratie de sondage. La municipalité doute profondément. Un référendum n'était pas possible car trop cher ? Et le coût de ce sondage alors ? »
« L'importance de la diversité de Dieppe (tourisme, industrie, port) est confortée se réjouit l'élu. Mais sur Uralchem, la question est biaisée : 50 emplois et 240 000 t de trafic, c'est faux ! Le résultat me laisse sceptique. Il est temps d'organiser un référendum puisque le sondage est favorable… »

Le collectif veut réagir


Geneviève Polaert, présidente du collectif « Uralchem, non merci » est elle aussi sceptique sur les résultats du sondage.


« Ce sondage me paraît fantaisiste, sinon faux ! Nous avons distribué des tracs ce matin (hier mardi, Ndlr) aux Barrières et les gens nous ont accueillis favorablement. Ils sont très mal informés sur le projet et ils ignorent le nombre d'emplois induits par Uralchem » explique la présidente. « Je suis convaincue que le sondage est faussé. On donne la réponse que l'on veut donner. Samedi 29 janvier nous serons de nouveau sur le marché de Dieppe pour rencontrer la population mais je suis sceptique car il n'y a pas de « sans opinion » dans ce sondage… »
Le collectif « Uralchem, non merci » devrait se réunir jeudi soir pour « envisager les suites à donner à ce sondage. »


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Re: Une usine d'engrais russes à Dieppe

Messagede virginie le Mar 26 Jan 2010 12:05

« Dieppe, une pépite »

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Une cinquantaine de personnes a assisté à la réunion

REGIONALES. En campagne à Dieppe, Alain Le Vern est venu défendre son bilan.


Le président sortant de la Région, Alain Le Vern (PS), a fait étape à Dieppe dans le cadre de la campagne des élections régionales des 14 et 21 mars. Une quatrième réunion à son agenda portant cette fois sur le thème de l'économie.
Une cinquantaine de personnes se sont déplacées à Neuville-lès-Dieppe pour écouter le président. Costume anthracite et cravate bleue, Alain Le Vern promet « de ne pas être long. Je veux instaurer un dialogue. »
Et c'est parti pour un monologue de trente minutes au cours duquel il expose les grandes lignes de sa politique économique, suivi de plus d'une heure de questions-réponses.

« Le projet Uralchem existe-t-il ? »
La filière biologique, l'implantation d'Uralchem (projet d'usine d'engrais) ou encore l'énergie ont constitué la substance du débat.
Un médecin s'interrogeait sur le contenu des repas servis dans les cantines : « De plus en plus de cantines veulent servir du bio mais la filière est peu développée. De toute manière, il faut qu'il y ait zéro engrais et surtout pas ceux d'Uralchem ! »
« Je considère que le marché des engrais est en pleine déprime. Je ne vois pas l'intérêt de créer une usine à risques située à quelques mètres du port à sec. Il y a une erreur de casting. Je n'ai jamais vu le moindre dossier sur Uralchem, je me demande s'il existe ! », répondait Alain le Vern, par ailleurs président du port de Dieppe.
A la demande d'un autre intervenant, l'élu expliquera le fonctionnement du port à sec de 400 places qui va être créé. La région Haute-Normandie est la seule de France à avoir repris la concession des anneaux de plaisance. « Il faut arrêter de se complaire dans une friche portuaire. La plaisance est l'activité qui rapporte le plus au port. » De même, à une question portant sur le développement touristique, Alain Le Vern a expliqué que « Dieppe est une pépite. La ville n'a pas joué tous ses atouts. »
K. L.


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Re: Une usine d'engrais russes à Dieppe

Messagede virginie le Jeu 4 Fév 2010 19:47

Dieppe : Les Russes dévoilent le projet Uralchem

Forts de la réception de l'ultime résultat des analyses effectuées par le laboratoire officiel, à leur avantage, les deux patrons d'Uralchem Russie (chargé de la construction des usines) Chermen Botsiev et d'Uralchem Normandie, Jacques Thyebaut, ont présenté leur projet d'usine de transformation d'engrais sur le port de commerce de Dieppe, projet de plus de 10 M€.

Ils visent un site exemplaire qui pourrait s'exporter par la suite. Pour ce faire, ils ont mandaté la société rouennaise d'ingénierie chargée de la confection des plans de travailler sur tous les points délicats : bruit, poussière, fumée, pollution visuelle et autres...

Le permis de construire et l'autorisation d'exploiter devraient suivre rapidement leur cours désormais, avant un premier coup de pioche que les deux entrepreneurs prévoient pour le mois de juin.


Dieppe - Uralchem : les écologistes russes alarmistes

Quelques heures après le dévoilement des plans de la probable future usine de transformation d'engrais russes Uralchem, deux écologistes russes impliqués dans des associations ont animé une conférence de presse, ce jeudi à Dieppe, sur invitation des Verts de la liste Europe écologie pour les prochaines régionales.

Après avoir brossé un portrait peu reluisant du PDG russe de la société, ils ont détaillé les conditions de production et de transformation de l'engrais : vapeurs, diffusion de poussières développant les algues verts, multiplication de la circulation de camions, etc. Avant même la tenue de la réunion, le représentant d'Uralchem Russie, Chermen Bostiev, avait émis les pires doutes sur l'intégrité des deux membres d'organisations non gouvernementales... "Un coup bas" scandaleux et inadmissible, d'après Claude Taleb, tête de liste Europe écologie.


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Re: Une usine d'engrais russes à Dieppe

Messagede virginie le Ven 5 Fév 2010 19:26

Uralchem : les révélations

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Jacques Thyebaut d'Uralchem Normandie (à gauche) et Chermen Botsiev d'Uralchem Russie

POLEMIQUE.Hier, ce sont les Russes eux-mêmes qui sont venus défendre ou torpiller le projet d'unité de conditionnement d'engrais sur le port de Dieppe. La tension monte.

Plutôt très discrets jusqu' alors, les dirigeants d'Uralchem Russie, producteurs d'engrais azotés, sont désormais fin prêts à communiquer. Et ils ont choisi cette journée, déjà placée sous haute tension (lire ci-dessous et en page 6), pour dévoiler enfin les détails de leur projet. Chermen Botsiev, chargé de la construction d'usines pour cette société, a en effet de très bonnes nouvelles concernant le projet d'implantation d'une unité de conditionnement d'engrais dans le port de Dieppe. « Nous ne voulions pas parler tant que nous n'avions pas de résultat officiel. Or, nous avons reçu mercredi soir le rapport final des analyses du laboratoire Sadef », agréé par l'Etat français. Celui-ci stipule que « le produit est conforme à la norme française relative aux engrais ». Le résultat « sera envoyé à la sous-préfecture, à la Dreal et à la mairie ». En avant le permis de construire et l'autorisation d'exploitation ! Et le rapatriement de l'épouse de Chermen Botsiev à Bracquemont, où l'industriel s'est installé voici quelques mois…
Jacques Thyebaut, président d'Uralchem Normandie (société créée ad hoc), poursuit : « Nous sommes conscients des craintes émises par beaucoup à propos de l'aspect visuel, du bruit et de la poussière qui seraient générés par l'usine. La société d'ingénierie rouennaise Eras fait travailler douze personnes à plein-temps sur le projet. On veut aller plus loin et faire de cette usine un pilote, un modèle esthétique en toute transparence d'un point de vue écologique, outre la non-dangerosité désormais avérée : ni four, ni fumée ni cheminée ! »


Comme du café soluble !
L'entrepreneur français détaille le fonctionnement de la future unité, croquis à l'appui. « L'engrais en granulés sera transporté du bateau par un système de tapis roulant fermé jusque dans un silo et non pas un hangar, comme prévu initialement. Le silo sera chargé par le haut et vidé par le bas : une autre bande transporteuse mènera l'engrais dans un bâtiment où il sera mélangé à de l'eau tiède à 55 °, comme du café soluble ! »
Le mélange sera stocké dans quatre cuves de 13 m de haut. Côté ville, les bâtiments administratifs et de stockage mas- queront l'usine qui se trouvera derrière et seront visés par l'architecte de la Ville.
« Ce projet pilote doit être idéal, alors on l'a retravaillé », précise Chermen Botsiev. Les Russes n'ont pas hésité à ajouter 1 M€ supplémentaire aux 10 M€ que coûtera l'usine en tout. « Et le labo de la Sadef effectuera un suivi permanent du produit sur des échantillons aléatoires », ajoute Jacques Thyebaut.
En attendant, un dossier complet du projet sera bientôt ficelé et divulgué, sur le site Internet d'Uralchem notamment… Vous avez dit transparence ?
Anne-sophie Groué


Vapeurs, poussières et algues vertes…

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Maxim Shingarkin et Roman Yushkov (à droite)

Maxim Shingarkin (ancien militaire reconverti) et Roman Yush- kov (professeur d'université), Russes engagés dans des associations écologiste et de défense des droits de l'homme - ce qui les a amenés à enquêter sur Uralchem - ont animé hier à la Maison Jacques-Prévert une conférence de presse sur invitation des Verts.
Roman Yushkov commence par brosser du PDG d'Uralchem un portrait peu reluisant (dividendes énormes, fréquentation des ministres). Côté production, « pas possible de parler de tous les accidents dans ses usines : morts, projections d'acides et d'oxydes d'azote ». Quant aux conditions de travail : « Les employés qui nettoient les cuves où des granulés d'engrais restent accrochés travaillent sans masque. » Le citoyen russe diffuse un petit film effectué devant l'usine de Berezniki, ville où il habite, dont le responsable plutôt menaçant refuse qu'on fasse des images.
Son compagnon Maxim Shingarkin détaille : « L'enveloppe des granulés d'engrais les empêche d'être explosifs… jusqu'à ce qu'ils soient dilués. Dilué à 60°, l'engrais est ensuite porté à plus de 130°, ce qui engendrera des vapeurs au-dessus de l'usine. Les poussières issues de l'entretien des cuves ira dans l'air puis dans la mer et développera des algues vertes. » Et le choix de Dieppe ? « Jusqu'alors les granulés non conformes (collés) expédiés aux agriculteurs étaient renvoyés en Russie. D'où l'intérêt pour Uralchem de créer un site de transformation en Europe. Surtout à Dieppe en face de l'Angleterre, qui est leur réelle cible mais qui n'autoriserait jamais une telle usine sur son sol ! »
Interrogés sur les doutes émis le matin même par les représentants d'Uralchem sur leur intégrité (ils auraient été envoyés par une société concurrente), les deux hommes sourient : « Vous croyez vraiment qu'on irait jusqu'à acheter des gens et les envoyer ici, pour une usine qui n'est même pas encore construite ? »
Claude Taleb, tête de liste Europe écologie, s'indigne : « En tant que quatrième groupe politique au niveau européen, nous avons des contacts et les moyens de vérifier l'expérience de nos interlocuteurs. En l'occurrence, des ONG implantées et reconnues. On n'a pas envie de faire confiance à des gens qui se comportent comme ça, en portant des coups bas. »


Les Dieppois sont divisés

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« Pro » et « anti » Uralchem ont assisté à la séance du conseil municipal

POLITIQUE. Avant le conseil municipal hier soir, les « pro » et les « anti » Uralchem ont manifesté. Face à face.

«Je suis heureux de voir que le dernier conseil municipal avant une échéance électorale provoque un débat démocratique et contradictoire » lance Sébastien Jumel en ouvrant la séance du conseil municipal hier soir.
Face à lui, une bonne centaine de personnes, « anti » ou « pro » Uralchem. Le projet d'implantation de ce site de conditionnement d'engrais chimiques à Dieppe déchaîne les passions. Au point d'avoir suscité deux rassemblements sur le parvis de la mairie, trente minutes avant la séance. D'un côté le collectif « Uralchem, non merci » et de l'autre « Oui à Uralchem ». Bref les pour et les contre.

Réactions
Devant la mairie chacun reste dans son camp, s'ignorant mutuellement. Enfin presque… Une militante écologiste interpelle un groupe de « Oui à Uralchem ». « Moi je veux vivre avec un meilleur environnement. »
« Je ne suis pas là pour discuter. Vous êtes là pour nous savonner la planche ! L'écologie c'est un vain mot ! » s'entend-t-elle répondre. Fin de la discussion.
De leur côté les élus arrivent. Frédéric Eloy, adjoint au maire, fend la foule tête baissée. D'autres s'éternisent un peu avant de rejoindre la salle au premier étage.
Pour André Gauthier (UMP), « on avait raison de demander un référendum. C'est la preuve que les Dieppois veulent une concertation ».
« On est très contents que ça bouge, ça nous conforte dans nos positions. Nous sommes totalement contre le projet » indique Jacques Boudier, des Verts.
Pour Thierry Levasseur (PS) « quand on voit le nombre de personnes on se rend compte que c'est de la manipulation, que c'est une vraie bombe. C'est un premier pas pour que le projet n'aboutisse pas ! »
Pour le centriste Patrick Hoornaert, « c'est plutôt sympa que les gens soient venus. Tous ceux qui réfléchissent savent que ce n'est pas un bon projet. »

Petites phrases

Très vite le perron de la mairie est déserté pour la salle du conseil, au premier étage. Les places sont prises d'assaut.

A l'intérieur, les manifestants des deux bords ne fléchissent pas. On se bouscule dans les escaliers. Au point que l'on demande que la salle soit entièrement ouverte pour permettre de laisser entrer tout le monde. Refus du maire prétextant que la salle est ainsi configurée.
Jean Bazin prend la parole et demande l'ouverture de l'autre partie de la pièce « pour éviter les incidents ». Il ajoute que « Tous les habitants peuvent assister au conseil ». Le maire cède. La séance commence.
« On est en train de se faire traiter de sale communiste ! » fait remarquer un pro Uralchem. « Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas une insulte » répond Sébastien Jumel.
Dans la salle l'ambiance devient un peu plus électrique. En première ligne les « pro » Uralchem grand drapeau blanc et bleu déployé.
Et lorsque Thierry Dulière, l'un des « anti » tente de s'approcher, le ton monte. On joue des mouvements d'épaule. « Les bourgeois découvrent la manifestation, laisse-les s'exprimer ! » peut-on entendre.
La soirée promettait d'être animée jusque tard…
Karine Leroy

Paris Normandie
Articles parus le : 5 février 2010


Projet Uralchem à Dieppe : Le préfet précise


Rémi CARON, préfet de la région Haute-Normandie, préfet de la Seine-Maritime, a tenu ce vendredi à communiquer la position de l'Etat au sujet du projet d'implantation d'une usine de condionnement d'engrais à Dieppe. Un projet développé par une entreprise russe : " La Société URALCHEM envisage l'implantation d'une usine de stockage d'engrais liquide sur la zone portuaire de Dieppe. Elle s'est rapprochée du service des installations classées de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL), pour présenter les caractéristiques des produits fabriqués ou entreposés. A ce jour, aucun dossier n'est déposé. Ce n'est que lorsque l'entreprise déposera un dossier complet présentant la composition définitive des produits fabriqués ou entreposés que ce dossier sera instruit, permettant de déterminer la réglementation applicable: simple déclaration ou demande d'autorisation."

Paris Normandie
Brève parue le : 5 février 2010
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Re: Une usine d'engrais russes à Dieppe

Messagede virginie le Mar 9 Fév 2010 16:55

infos-dieppoises.fr
09/02/10


Uralchem : des explications qui font froid dans le dos
Les écolos russes torpillent le projet



Maxim Shingarkin et Roman Yushkov, deux militants écologistes venus de Russie se sont déplacés à Dieppe pour dénoncer les manœuvres et le comportement d’Uralchem en Russie. Un discours qui apporte de l’eau au moulin des Dieppois qui ne veulent pas voir cette usine d’engrais prendre ses quartiers près du port de commerce.

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Les militants russes disent être venus à Dieppe à l’invitation du groupe
Europe Ecologie et réfutent les propos des dirigeants d’Uralchem
qui y voient des manœuvres politiques faites depuis Moscou.


Nous sommes là pour vous dire tout ce que vous devez savoir sur Uralchem et comment se comporte son dirigeant en Russie ». A l’invitation du groupe Europe Écologie de Haute-Normandie, deux hommes, militants écologistes, sont tout spécialement venus de Russie, jeudi dernier, et ils n’ont pas manqué d’arguments pour accentuer les craintes de ceux qui ne veulent pas voir s’installer une usine d’engrais russe Uralchem en plein cœur de ville, entre le port de commerce et l’Avenue Normandie Sussex.

En fin de matinée, les écologistes normands et russes ont fait le tour du propriétaire sur le fameux terrain aujourd’hui occupé par une communauté des gens du voyage. Dans notre précédente édition, un membre de la direction russe d’Uralchem affirmait qu’en ce moment des élections régionales ont lieu en Russie et que les deux activistes Maxim Shingarkin et Roman Yushkov étaient envoyés à Dieppe et payés tout spécialement par les opposants politiques russes d’Uralchem pour venir faire une mauvaise promotion de l’entreprise et ainsi voir les élus favorables à Uralchem être les grands perdants au pays. « C’est absurde ! disent-ils. Nous sommes tout simplement invités par les écologistes français ».

La journée s’est poursuivie par une réunion – qui normalement ne devait être qu’une conférence de presse – où les anti-Uralchem, qu’ils soient de la société civile ou du Parti socialiste, sont venus en masse. La présence très remarquée des caméras de TF1 n’est probablement pas étrangère à cette concentration de personnes. Les deux hommes débutent leur exposé en mettant en cause l’honnêteté du grand patron d’Uralchem qu’ils accusent de s‘octroyer sept fois plus de dividendes que les fonds propres de l‘entreprise.

« Les salariés travaillent dans des conditions déplorables »

Maxim et Roman sont ensuite passés à la situation économique et sociale de l’entreprise Uralchem. « L’entreprise est endettée à hauteur d’un milliard de dollars. Elle ne peut même pas investir pour moderniser ses usines russes. On se demande bien où Uralchem trouve l’argent pour s’installer en France ? ». Selon les deux écologistes russes, les salariés travaillent dans des conditions déplorables : « Ils doivent séparer des cristaux qui se forment sur des granulés sans protection, ils doivent aussi nettoyer les parois des citernes avec des marteaux pour décoller les cristaux. Beaucoup d’entre eux ont perdu leur poste de travail en raison d’un manque d’activité. Mais les licenciements coûtent chers en Russie alors la direction d’Uralchem demande aux salariés d’envoyer une lettre de démission ».

Sur le plan écologique, Maxim Shingarkin raconte qu’Uralchem est particulièrement pollueur en raison de son manque d’investissement et serait responsable de la forte pollution de la deuxième rivière de Russie. Il évoque aussi les nuisances provoquées par les dégagements de fumées et de poussières dans les airs.

La Grande-Bretagne aurait refusé Uralchem

Uralchem veut donc installer une unité de transformation et de conditionnement d’engrais sur le port de Dieppe. Les deux militants écologistes racontent ce qui a pu motiver les Russes à vouloir, à tout prix, s’installer chez nous. « Uralchem est entrée dans une association d’agriculture en Angleterre. Elle veut amener ses engrais là-bas mais les autorités britanniques refusent qu’une telle entreprise s’installe en Grande-Bretagne. Ils ont alors choisi Dieppe en raison de son emplacement géographique par rapport à l’Angleterre ». Les deux hommes racontent que les composants de l’engrais sont particulièrement dangereux voire explosifs avec des nitrates, des sulfates, de l’ammoniaque. Et ils poursuivent en disant que les produits qu’Uralchem exportera vers l’Europe seront de très mauvaise qualité. « Ce sont les cristaux qui restent collés dans les parois de leurs cuves en Russie qui seront acheminés à Dieppe. Ces granulés ne peuvent pas être vendus en Europe parce qu’ils ne sont pas conformes. En les acheminant vers son usine de Dieppe, Uralchem pourra rendre cet engrais liquide et cacher la non-conformité pour le vendre à n’importe quel pays d’Europe ». Et d’insister sur le processus de transformation : « L’engrais sera chauffé à 60 °C puis la température montera à 110 °C. Ça provoquera des émanations de vapeurs polluantes et des diffusions de poussières dans l’air et dans la mer. Ça favorisera le développement des algues vertes ».

Aux côtés d’une traductrice, les deux écolos russes concluent : « Uralchem vous raconte n’importe quoi pour venir s’installer ici. On vous invite à venir en Russie pour voir comment Uralchem se comporte là-bas ».

Aurélien Bénard

Les « pro » et les « anti » usine d’engrais russe manifestent devant la mairie
Uralchem : quand la ville se divise


Plusieurs dizaines de manifestants se sont retrouvés jeudi soir sur le parvis de l’hôtel de ville galvanisés autour d’un projet : l’usine d’engrais russe Uralchem. Sauf qu’il y avait face à face les « pro » et les « anti ». Au final une ambiance plutôt surréaliste où de vieux démons ont fait leur retour.

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Pour un peu ils auraient entonné « tous ensemble, tous ensemble »
Verts, UMP, PS et MoDem étaient main dans la main sur le parvis
de l’hôtel de ville pour manifester leur désaccord à l’implantation
de l’usine d’engrais russe. Jean Bazin remarque toutefois qu’il aurait aimé
la même unité lors de la vente du terrain en août 2008.


L’heure de ralliement avait été fixée à 17 h 30. Et, à 17 h 30 précises ils étaient là brandissant pancartes, panneaux, affichettes ; arborant autocollants, agitant fanions et drapeaux…

En ce début de soirée juste avant la tombée de la nuit, ils se sont donc retrouvés. Face à face. Les « pro » et les « anti ». Au milieu de tout ça un dossier économique local bouillant : l’implantation d’une usine de conditionnement d’engrais russe Uralchem, qui a pris des proportions invraisemblables. Au point d’en diviser la majorité municipale, mais aussi l’opinion dieppoise, et de créer une situation difficilement gérable où l’on se bat à grands coups de déclarations spectaculaires.

Plusieurs dizaines de manifestants se sont retrouvés sur le pavé dieppois. A gauche les anti et à droite les pro sachant que la droite se trouve à gauche et que la gauche radicale a pris place à droite. De quoi y perdre son latin. Un « no man’s land » se crée l’espace de quelques minutes entre les deux groupes s’invectivant. Mais cet espace vide ne le reste pas bien longtemps.

« Pas de provocation gratuite »

Une militante écologiste, drapeau au vent, s’en va affronter des pro Uralchem sur leur terrain et tente de les convaincre. En quelques instants les noms d’oiseaux volent, le débat se passionne et il faut l’intervention du président du Cercle Mers et Marine(s), Guy Roulland, pour calmer le jeu : « On ne rentrera pas dans la provocation facile ! »

Pourtant, derrière lui, on ne se prive pas pour balancer ce qu’on a sur le cœur : « Merde aux écolos à la petite semaine. On est plus écolos que vous. Avant il y avait des arbres le long des routes, maintenant que de la ferraille ». Les Verts y vont de leurs engrais « qui vont tout détruire, qui provoquent des cancers, qui instaurent une agriculture dégueulasse tout ça pour une petite poignée d’emplois » mais ils ne sont guères entendus.

Un préchauffage en quelque sorte avant que tout le monde ne gagne la salle du conseil.

Enfin, pas tout le monde puisque nombre d’opposants restent bloqués dans l’escalier la salle étant rempli de pro. Une anti tente bien de parlementer avec le maire pour que davantage de monde puisse entrer, en vain. Un cordon de pro bien serré empêche toute intrusion intempestive. L’avocat dieppois et chef de file de l’UMP à Dieppe, Thierry Dulière, tentera bien une percée et jouera même la mêlée ouverte mais il ne parviendra pas à franchir la ligne rouge.

« Cocos, fachos, socialos, écolos… »

Jean Bazin interpelle le maire en ironisant sur le slogan de la majorité « la ville appartient à tous ses habitants » ce qui provoque alors une bronca immédiate.

Alors, on s’invective de plus belle : « Sales cocos bolchéviques » faisant écho à « sales fachos » et « sales socialos » plus costaud que « écolos rigolos » entendu auparavant.

Et les pro de constater que, dans la salle « on voit tout de suite où se trouvent les vrais Dieppois ! Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, les autres, ils n’habitent pas à Dieppe » tandis qu’un militant juge que l’UMP pratique « le coup d’Etat permanent ».

On se demande comment tout cela va bien finir mais au fil des points à l’ordre du jour et l’heure tournant, la salle se vide, le calme revient.

Pourtant, cet épisode va assurément laisser des traces dans la vie municipale car, au-delà de ce dossier, voilà bien deux visions de l’avenir dieppois qui s’affrontent et qui ne sont franchement pas prêtes de s’entendre.

Laurent Rebours
« Pas intimidés »


Suite aux propos des directeurs d’Uralchem (voir Infos du 5 février), l’association Uralchem ? Non merci ! a souhaité répondre : « A croire que les propos des deux écologistes russes les inquiètent ! En tout cas ils en prennent pour leur grade ! (…) Tiens donc ? Cette société aurait en Russie des opposants qui les poursuivraient jusque sur le territoire français. Quant aux petits Français Verts et association citoyenne confondus, ils en prennent aussi pour leur grade (…) : On a compris, on n’a qu’à bien se tenir ! (…) Dérapage verbal pour ce président russe d’Uralchem qui manie si bien notre langue mais qui ignore que nous vivons dans un pays démocratique où la liberté de parole existe. Ces injures calomnieuses ne nous intimident pas du tout, elles ne nuisent qu’à ceux qui les utilisent ».



Rémi Caron, préfet de la région Haute-Normandie, préfet de la Seine-Maritime, a voulu réagir, dans un communiqué, au projet d’implantation de la société Uralchem: « La société Uralchem envisage l’implantation d’une usine de stockage d’engrais liquide sur la zone portuaire de Dieppe.

Elle s’est rapprochée du service des installations classées de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), pour présenter les caractéristiques des produits fabriqués ou entreposés. A ce jour, aucun dossier n’est déposé.

Ce n’est que lorsque l’entreprise déposera un dossier complet présentant la composition définitive des produits fabriqués ou entreposés que ce dossier sera instruit, permettant de déterminer la réglementation applicable : simple déclaration ou demande d’autorisation. »

Les échos de la réunion du conseil municipal de Dieppe
Agitation autour d’une motion


Le début de la réunion du conseil municipal de jeudi dernier s’est déroulé dans des conditions particulières. Le public était remonté à bloc entre les anti et les pro Uralchem. Les élus ont toutefois pu travailler ensuite sereinement avec comme d’habitude un jeu de joutes verbales.

• Affichage sauvage : Tavernier lance un pavé dans la mare : Avant même que le premier point de l’ordre du jour ne soit abordé, alors que la salle est en surchauffe, le socialiste Eric Tavernier demande la parole pour déposer une motion d’urgence. Dans le public, ça vocifère, ça siffle. Chacun pense qu’il s’agit d’une motion en lien avec le projet d’Uralchem. Il n’en est rien mais Sébastien Jumel demande une suspension de séance. En fait, Eric Tavernier veut faire cesser l’affichage sauvage surtout en cette période électorale. Des images sont d’ailleurs fournies avec le texte de la motion où l’on voit des affiches de campagne de Sébastien Jumel, candidat Front de gauche aux élections régionales, des affiches d’annonces pour les fêtes de l’Huma ou encore du Mouvement des jeunes communistes placardées un peu partout dans la ville, sur du mobilier urbain, sur des murs… « J’ai proposé cette motion depuis septembre 2009 lors des conseils de bureau municipal mais ça n’aboutit pas ». Dix minutes plus tard, Sébastien Jumel répond que « l’ensemble des présidents de groupes se sont mis d’accord pour clarifier la manière dont sont examinées les motions ». Celle-ci pourra être présentée ultérieurement.

• Motion urgente : Le conseil municipal a ensuite délibéré pour fixer les modalités de dépôt, d’examen et de vote des motions. « Une motion doit porter sur l’intérêt des habitants et être présentée par le président de groupe, indique Hugues Falaize, premier adjoint. Cette motion doit être déposée dix jours francs avant le conseil municipal. Elle sera présentée et fera l’objet d’un débat au conseil municipal ». En ce qui concerne les motions d’urgence telle celle proposée par Eric Tavernier, « passé ce délai de dix jours, un groupe peut déposer une motion au maire avant la réunion du conseil et le maire met au vote le caractère ou non d’urgence et ensuite un débat s’instaure ».

Du côté de l’opposition, Jean Bazin renouvelle son interrogation sur la rédaction de ce texte qui doit figurer dans le règlement intérieur du conseil municipal « En aucun cas, les motions ne peuvent être destinées au maire ou au conseil municipal. La rédaction est adaptée pour éviter qu’on vous demande un référendum sur Uralchem par exemple ». Le maire rétorque : « Il y a un bon sens de ne pas s’adresser à soi-même. Sinon on tourne en rond. Vous savez, ici, que j’attache beaucoup d’importance au débat, à condition qu’il soit respectueux ». Fermez le ban !

• L’amendement de la discorde : Le plan d’occupation des sols (POS) va être révisé et devenir un Plan local d’urbanisme (PLU). Le PLU permet d’avoir une vision à moyen et long terme du futur visage de la ville. Le groupe d’opposition Dieppe-Ensemble veut déposer un amendement sur un paragraphe où la vigilance doit être accrue « pour les activités qui pourraient être polluantes, à risque, ou porter atteinte à l’environnement ». André Gautier demande à ce que cet amendement soit mis aux voix. « Quitte à s’allier avec le diable, dit le Vert Jacques Boudier, on est favorable à tout ce qui peut faire barrière aux activités polluantes ». Sébastien Jumel estime sans valeur cet amendement qui, « de toute façon, est prévu dans la loi ». Un avis qui est partagé par Eric Tavernier. Le communiste Christian Cuvilliez enfonce le clou : « Cet amendement est chargé de mauvaises intentions. Ce type d’amendement doit être refusé car c’est un épiphénomène ». En présentant cet amendement, le groupe d’opposition tendait une perche aux socialistes pour réaffirmer son opposition au projet d’implantation Uralchem. Thierry Levasseur, chef de file socialiste, réplique : « On a bien compris votre petit jeu, s’adresse-t-il à ses adversaires de droite. Vous vous amusez, nous, nous travaillons. Votre petit jeu, c’est de faire en sorte de faire passer la pagaille au sein de la majorité ». André Gautier demande une suspension de séance. Elle est acceptée. Finalement, les voix de Dieppe-Ensemble et des Verts n’ont pas suffi à faire adopter cet amendement.

• 2x2 voies entre Dieppe et Saint-Martin en Campagne : Sébastien Jumel a exposé le projet de mise à 2x2 voies le RD 925 entre Dieppe et Saint-Martin-en-Campagne. Une nécessité selon une majorité d’élus pour faciliter le transport de colis lourds entre le port de Dieppe et le chantier du futur réacteur EPR à la centrale nucléaire de Penly. Le Vert Jacques Boudier précise d’emblée qu’il votera contre ce projet. « Notre groupe est contre tout élargissement de voies, dit-il. Des engagements ont été pris pour réduire le trafic routier au travers du Grenelle de l’Environnement et dans notre projet municipal ». 12 000 véhicules circulent en moyenne au quotidien, sur cet axe selon les informations fournies. « Ça veut dire qu’entre 8 heures et 20 heures, ça représente 1 000 véhicules par heure soit 16 véhicules par minutes, ou encore 8 véhicules par minutes dans chaque sens. Mettre en place une quasi-autoroute, ça fait beaucoup ». Et de poursuivre son argumentaire : « Il y aura des impacts sur l’environnement car cet élargissement demandera beaucoup de travaux, produira beaucoup de carbone et ça représente un coût financier important ». Jacques Boudier préconise plutôt une piste cyclable pour apporter davantage de sécurité pour les déplacements dits doux. Sébastien Jumel a semble-t-il bien compris la logique de son allié.
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Re: Une usine d'engrais russes à Dieppe

Messagede virginie le Sam 13 Fév 2010 11:09

Uralchem : pas de dossier !

POLEMIQUE. Aucun dossier Uralchem n'a été déposé en préfecture fait savoir le représentant de l'Etat.

«On ne veut surtout pas entrer dans le débat. » La réponse du sous-préfet de l'arrondissement de Dieppe, Christian Gueydan, ne peut pas être plus claire.
Rémi Caron, préfet de la région de Haute-Normandie, vient en effet de faire savoir dans un communiqué qu'« aucun dossier n'est déposé » s'agissant d'Uralchem : « La société Uralchem envisage l'implantation d'une usine de stockage d'engrais liquide sur la zone portuaire de Dieppe. Elle s'est rapprochée du service des installations classées de la direction régionale de l'environnement de l'aménagement et du logement (Dreal), pour présenter les caractéristiques des produits fabriqués ou entreposés. A ce jour, aucun dossier n'est déposé. »

Du temps
Le préfet poursuit : « Ce n'est que lorsque l'entreprise déposera un dossier complet présentant la composition définitive des produits fabriqués ou entreposés que ce dossier sera instruit, permettant de déterminer la réglementation applicable : simple déclaration ou demande d'autorisation ».
« Les porteurs du projet se sont seulement renseignés » précise Christian Gueydan. Le sous-préfet souligne que ce dossier, s'il est soumis à autorisation, prendra du temps en raison d'une commission d'enquête qui devra être mise en place.

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